L'image que je n'arrive pas à oublier
L'été dernier, je suis allée voir ma mère dans le Sud.
Quand elle a ouvert la porte, j'ai souri. Mais en l'embrassant, j'ai vu ses épaules. Des marques rouges, profondes — deux sillons là où les bretelles avaient appuyé pendant cinq heures de vol.
Elle portait encore son soutien-gorge après cinq heures de vol. Par habitude. Par peur de paraître négligée si quelqu'un sonnait à la porte.
Elle avait 67 ans. Elle venait de traverser la France pour profiter du soleil. Et la première chose qu'elle a faite en posant sa valise, c'est l'enlever avec un soupir que je n'oublierai jamais.
Ce soupir-là, je l'ai reconnu. Parce que toi aussi tu le pousses. Chaque soir.